Gentle Violence / Le Parisien

Albert Londe dans son livre, Traité pratique de la photographie à usage de l’amateur photographe curieux écrivait dans son chapitre dédié a la photographie médicale justement en tant que lui-même médecin et photographe reconnu que « la photographie sera d’une utilité indiscutable lorsque les manifestations de la maladie se traduisent par des déformations extérieures affectant l’ensemble ou telle ou telle partie de l’individu. Aussi la photographie prêtera son concours à l’anatomiste pour reproduire les différentes lésions, à l’histologiste pour reproduire ces coupes si fines et si délicates dans lesquelles il poursuit l’étude des problèmes les plus importants ayant trait à la physiologie et à la pathologie » Editeur 1897 Masson et Cie Paris.

 

Donc, déjà et encore l’importance du cliché , pris dans des conditions spéciales avec une lumière que l’on pourrait croire réglée par un machiniste de théâtre , au milieu d’une équipe de professionnels qui savent que leurs gestes précis sont espoirs et vie pour le patient , ces pixels aujourd’hui sont toujours des documents utiles pour la profession et même ce jour , sur les cimaise du musée Brukenthal comme des beaux documents photographiques qui plaisent aux photographes et renseignent les visiteurs.

 

Le titre de l’exposition GENTLE VIOLENCE aurait pu faire croire à une de ces modernités si courantes en excès dites TRASH , comme malsaine ou répugnante. Il n’en ait rien. La jeune photographe Cristina Bobe a fait son travail de documentation avec tact, respectant le chirurgien et la douleur du patient.

 

Ses images, prises dans le bloc opératoire, sont judicieusement accompagnées de celles du Dr chirurgien Horia Muresian qui lui aussi photographe expose une série inédite d’images des structures du cœur.

 

Albert Londe probablement n’avait pas imaginé que ces beaux documents pourraient être vus un jour comme ceux émanant de la période avant-garde du Bauhaus ou les microphotographies de Laure Albin-Guillot.

 

Une exposition de photographies accompagnée d’une interprétation acoustique par Sebastian Florea ajoute à l’atmosphère de la salle opératoire.

La curatrice Laura Coltofean et la directrice adjointe du musée, Dr Dana hrib , se sentent bien.
Le patient aussi!

Source: Le Parisien / 05.09.2014